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Le réseau d'intervention en management de l'innovation
Plus de 45 ans d’expérience dans ce domaine
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"ACTION CRÉATIVITÉ"
Comment amener les employés à s'impliquer
dans le processus d'innovation de leur entreprise
Texte de Michel Bélanger, auteur, M. Adm., M Sc. Gestion de projet
INTRODUCTION
Mettre en valeur le potentiel créatif des employés
Le programme "Action innovation", aussi appelé "Innovation participative", conçu et développé par Créativité Québec au terme de plusieurs années de recherche et d'expérimentation, sert à favoriser le développement de l'organisation en mettant en valeur le potentiel créatif de ses ressources humaines
Ce programme voit son application dans la mise en œuvre d'une démarche permanente et structurée de participation des employés au processus d'innovation de l'organisation. Il a pour objectif premier de :
§ Développer des attitudes d'ouverture à l'expérience et au changement.
§ Créer de nouvelles pratiques de collaboration entre les individus.
§ Favoriser la remise en question des cadres établis.
§ Encourager la diversification des points de vue.
Développer une culture d'innovation au sein de l'entreprise
Ce programme implique donc de développer une "culture d'innovation" au sein de l'organisation qui sera en mesure de stimuler, accueillir et exploiter les nouvelles idées. La stratégie vise l'implication des individus à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Il s'étend au-delà des rôles traditionnels exercés par les scientistes et ingénieurs des bureaux de recherche et développement, des spécialistes du marketing et des analystes en systèmes.
L'innovation participative fait appel à l'engagement de toutes les forces vives de l'organisation, c'est-à-dire les employés aux opérations, les professionnels, le personnel administratif, les cadres, les conseils et la direction. Des défis de toute nature s'offrent à eux, que ce soit sur les plans humain, social, environnemental, technique ou monétaire. Les exemples suivants en donnent un aperçu général :
§ Comment améliorer la qualité du produit ?
§ Comment évaluer et améliorer le rendement du personnel?
§ Comment développer de nouveaux produits, de nouveaux procédés de fabrication et de nouvelles technologies ?
§ Comment prévenir l'épuisement professionnel et l'absentéisme ?
§ Comment offrir une meilleure qualité de services à la clientèle ?
§ Comment développer de meilleures pratiques de gestion?
§ Comment améliorer la sécurité et la santé des employés ?
§ Comment supprimer ou simplifier certaines tâches administratives ?
LES CONDITIONS PRÉALABLES À L’IMPLANTATION DU PROGRAMME
La sensibilisation des acteurs à tous les niveaux de l'organisation
La haute direction de l’entreprise de même que les cadres intermédiaires, les représentants syndicaux et les employés qui veulent participer et s'impliquer dans l'implantation d'un système " Action innovation " doivent en être sensibilisés adéquatement.
La sensibilisation de la haute direction est l’étape cruciale devant conduire à l’implantation du programme "Action innovation" puisque c’est elle qui donnera le feu vert au départ du projet. De courte durée, une session de sensibilisation doit avoir lieu à cet effet. On y exposera la nature et le fonctionnement du programme "Action innovation", un bref historique de l'évolution du concept de la gestion participative des employés au processus d'innovation de l'entreprise au cours du 20ième siècle, les avantages et inconvénients du programme, ses coûts et bénéfices, un plan d'action et un calendrier de réalisation et, enfin, on répondra à des questions s'il y a lieu.
Quant aux cadres intermédiaires, cette sensibilisation a pour but de les informer sur ce qu’est un programme de participation des employés au processus d'innovation de l'entreprise, ses avantages et inconvénients, son mode d’insertion dans la structure actuelle de l’entreprise et la démarche à suivre lors de son implantation. La première condition de réussite du système "Action innovation" est l’engagement total de l’encadrement dans son implantation et son suivi. Une rencontre avec les cadres servira à traiter l'ensemble de ces sujets.
Pour accroître les chances de succès du programme "Action innovation", il importe aussi d’obtenir le support des représentants syndicaux. S’ils sont impliqués dès le départ dans l’implantation du système, ils pourront avoir le crédit de cette innovation au même titre que la direction de l’entreprise.
L’adhésion au programme "Action innovation" doit se faire sur une base volontaire. En conséquence, les employés de l’entreprise doivent eux aussi être sensibilisés à ce programme. D’abord pour qu’ils sachent ce qui s'y passe et, ensuite, pour qu’ils puissent décider s’ils se porteront volontaire ou pas. Une réunion s'apparentant à celle des cadres intermédiaires doit avoir lieu à cet effet.
L'outil "Audit innovation" ou comment mesurer votre ouverture à l'implantation du programme "Action innovation"
Notre outil de diagnostic appelé "Audit innovation" : instrument de mesure de la capacité d'innovation de l'entreprise a pour but d'évaluer dans quelle mesure l'entreprise possède les caractéristiques nécessaires à l’implantation éventuelle d’un système de créativité.
Nous disposons, à cet effet, d'un questionnaire élaboré comprenant un éventail de questions réparties sur huit thèmes spécifiques. Ceux-ci sont associés aux critères essentiels d'enracinement d'une culture et d'un environnement propres à l'éclosion de la créativité dans l'entreprise.
L’importance de réaliser un "Audit innovation" préalablement à l’implantation d’un système de créativité tient au fait que celui-ci risque d’être greffé à un organisme qui n’est pas prêt à le recevoir. Si les résultats du test sont négatifs, il faudra corriger la situation immédiatement ou remettre à plus tard le lancement d’un tel programme. Autrement, c’est l’organisme lui-même qui se chargera de le rejeter.
L’IMPLANTATION
DU PROGRAMME
La mise en place d'une structure de fonctionnement
Le programme "Action innovation" se doit de fonctionner dans un cadre organisationnel très autonome. Il convient davantage à des structures :
§ où les employés exécutent des tâches plutôt complexes;
§ où il existe des équipes de travail autonomes dont les tâches à accomplir sont aussi de nature complexe;
§ et, par-dessus tout, où le pouvoir décisionnel de l'organisation est décentralisé.
Les bureaucraties sont soumises à la nécessité de centraliser le pouvoir et de contenir des tâches standardisées, peu enrichies et de niveau de complexité faible, de sorte que la culture et l'environnement qui y règnent n'incitent pas à la créativité et ne constituent pas un terrain fertile à son expression.
Le programme "Action innovation" s'adresse autant aux individus qu'aux groupes. Certains préféreront travailler de façon informelle, seuls ou avec une ou plusieurs personnes. D'autres choisiront plutôt de travailler en groupe dans leur propre unité de travail et de façon formelle. D'autres encore décideront de travailler seuls ou en groupe selon les situations ou les circonstances. Enfin, ce qui importe d'abord, c'est de faire en sorte que les individus se sentent complètement libres d'adhérer ou non au programme et surtout qu'ils puissent y participer à leur propre rythme et selon leur propre manière de travailler.
L'arrangement structural servant à la mise en place du programme "Audit innovation" comprend un certain nombre de composantes et de rôles dont les principaux sont :
Le comité d'orientation : élaborer les politiques générales du programme, déterminer le rôle du facilitateur responsable de la gestion du programme et des animateurs de groupes, servir de support à l'organisation du programme, approuver les recommandations provenant des participants individuels ou de groupe.
La banque d'experts : cette banque est composée de comptables, techniciens, statisticiens, ingénieurs et autres spécialistes de l'entreprise pouvant aider sur demande les participants individuels ou de groupe.
Le facilitateur : le facilitateur fait partie du comité d'orientation et a pour responsabilité de coordonner les activités du programme, de former les animateurs de groupes et les participants et de servir de personne-ressource auprès d'eux dans leurs activités de créativité et innovation.
Les participants : les participants doivent recevoir une formation au travail en équipe, à la prise de décision, au processus de résolution de problème et à diverses techniques de statistiques. Cette formation doit se dérouler de manière continue et contribuer au plein développement de l'individu.
Former les adhérents aux processus, principes et techniques de créativité et innovation
Le programme de formation a pour objet de développer les attitudes et les aptitudes des adhérents au programme en matière de créativité et innovation. Il portera particulièrement sur les principes et les techniques relatives au processus créatif. Le lecteur pourra consulter le contenu des différents programmes que nous avons mis sur pied à ce propos à l'adresse suivante : nos syllabus de formation.
Démarrer l'implantation du
programme
Dans une entreprise de taille moyenne, il faut d'abord délimiter le terrain d'essai, c'est-à-dire choisir le secteur (division, usine ou département, etc.) où seront réalisées les premières expériences de participation au processus d'innovation. La décision de commencer dans un secteur plutôt qu'un autre appartient au comité d'orientation. Les critères sur lesquels ils peuvent se guider sont les suivants : l'appui anticipé des cadres du secteur, le climat des relations de travail, la stabilité relative du secteur et la présence de problèmes techniques solubles.
Le nombre de participants individuels et de groupes à inclure dans le démarrage du programme ne devrait pas excéder 5 à 6 personnes désirant travailler à titre individuel et de deux à trois groupes formels. Ce processus de démarrage est le projet-pilote dont le succès ou l'échec déterminera le sort éventuel de l'ensemble du programme. Il importe donc que ce dernier ne repose pas entièrement sur les épaules d'une seule personne ou d'un seul groupe.
Sans entrer dans les détails, le processus de démarrage doit se poursuivre en respectant les étapes suivantes : recruter et sélectionner les premiers animateurs de groupe formels, former ces animateurs, recruter et sélectionner les participants individuels et les membres de groupe formel et procéder à leur formation.
Évaluer l'implantation du programme
L'évaluation de l'implantation du programme, tout au cours de son avancement, est une étape importante du processus de démarrage. Elle consiste à confronter les objectifs poursuivis dans le cadre de ce programme avec les résultats obtenus. Cela implique une définition précise de ces objectifs en termes concrets, réalistes et mesurables dès le départ de l'expérience. De plus, des outils particuliers de contrôle doivent être développés afin de faciliter cette opération.
ÉVOLUTION DU CONCEPT DE L'INNOVATION PARTICIPATIVE DU 20e AU 21e SIÈCLE
Du début du 20e siècle jusqu’à ce jour, la créativité et l’innovation en entreprise ont été l’apanage d'une élite restreinte de créateurs et d'innovateurs. Ceux-ci ont permis de grandes réalisations telles que l’invention de l’avion et de l’automobile ainsi que des découvertes plus fondamentales comme le laser et la vaccination contre les virus. Au début de la révolution industrielle, Taylor et Fayol ont inventé la spécialisation du travail et Skinner, le behaviorisme.
Aussi, cette décennie a-t-elle été l’ère de la bureaucratie et du conservatisme? Par conséquent, rien dans ce système ne nous incitait à promouvoir et supporter les initiatives créatives des individus, à l’exception des Einstein et des Pasteur que l’on vénérait. C’était l’époque de la sécurité de l’emploi et du syndicalisme protecteur. On valorisait davantage la stabilité et la continuité que l’idée de créer et d’inventer.
Dorénavant, à l’aube du nouveau millénaire, ces paradigmes d’une économie dépassée et lourde feront place à une révolution extraordinaire, le pouvoir du savoir et du processus créatif.
La nouvelle économie - spécialisation, fragmentation des marchés, structures en réseau, formation et perfectionnement, travail en équipe multidisciplinaire, qualité de vie au travail, participation aux décisions, etc. - et ses exigences incessantes liées, en particulier, aux nouvelles technologies des communications et de l’information et au commerce électronique, nous entraînent maintenant vers un renouvellement effréné de nos structures, nos procédés de fabrication, nos produits et nos stratégies pour contrer la compétition.
Cet enjeu vital nous condamne donc à choisir entre la nécessité de créer et d'innover ou de disparaître.
LES RAISONS DE L’IMPORTANCE CROISSANTE ACCORDÉE PAR LES DIRIGEANTS D'ENTREPRISES À L'INNOVATION PARTICIPATIVE
Les NTCI
Nous sommes à l'ère de la créativité parce que ce sont les nouvelles technologies des communications et de l'information, les NTCI, qui nous y conduisent.
En fait, la créativité est la nouvelle ère de l'activité économique contemporaine, la quatrième après l'agriculture, l'industrialisation et l'informatisation .
Grâce à l'instantanéité du langage numérique, les NTCI ont considérablement élargi le champ de la pensée et ouvert la voie aux interactions créatives par le biais de l'ordinateur et des réseaux de communication virtuelle. Les "groupwares", les forums, les blogs, les réseaux sociaux, le courrier et le commerce électronique, le vidéoconférence, les systèmes intranet, extranet, internet et autres, rendent possible l'avènement des interactions virtuelles. Les groupes de créativité (newsgroups), les équipes de projet dont les membres sont parfois localisés aux quatre coins du monde, les entreprises réseau, les structures organiques autogérées en sont des exemples concrets.
Le subconscient du cyberespace
Grâce aux ordinateurs personnels et au réseau internet, nous pouvons maintenant accéder, sans difficulté, à des sources énormes et diversifiées de connaissances. Cette richesse d'information constitue un réservoir inusité de matière grise servant à alimenter le processus créatif. Si nous admettons que le pouvoir et la valeur de la connaissance augmentent exponentiellement en fonction de la quantité et de la diversité des utilisateurs du réseau internet, il devient alors intéressant de nous poser la question à savoir, comment tirer le maximum de profit de cette richesse ?
Cependant, il faut admettre que le fait d'accéder à ce réservoir de connaissances, ce subconscient du cyberespace, ne nous habilite pas, de facto, à en faire bon usage. La variable cruciale liée à l'exploitation optimale de ce potentiel, c'est la créativité. Nous sommes à l'ère de la créativité.
L'ajout de l'ordinateur et des NTCI au mixage de la créativité et du savoir: une potion magique d'une valeur inestimable
Nous sommes à l'ère de la créativité, parce que c'est le pouvoir du savoir qui nous y conduit.
Dans une ère où le savoir devient roi, le rôle de la créativité consiste à mettre celui-ci en valeur et à permettre son utilisation de façon optimale. De plus en plus, la performance des entreprises sera jugée davantage en fonction de leur capacité de transformer ce savoir qu'en fonction de la valeur de leurs actifs tangibles.
Ajoutons l'ordinateur, les technologies de l'information et les réseaux électroniques de communication au mixage de la créativité et du savoir, et nous obtiendrons une alchimie, une potion magique d'une valeur et d'un pouvoir inestimable. C'est le rendez-vous auquel l'ère de la créativité nous convie.
CONCLUSION
Le programme "Action innovation" est un concept axé sur la transformation de la matière grise des employés de l'entreprise en savoir à valeur ajoutée. Il a pour but ultime de développer de nouveaux produits, de nouveaux procédés de fabrication, de nouveaux marchés et de nouveaux modèles d'affaires pour contrer la compétition.
La créativité et innovation en entreprise est une nécessité absolue qui découle de la mondialisation des marchés, de l'informatisation des systèmes et de l'arrivée des nouvelles technologies des communications et de l'information.
Nous sommes à l'ère de la créativité et de la transformation du savoir.
L'implantation du programme "Action innovation" exige deux conditions : la réalisation d'un diagnostic organisationnel et l'implication de tous les acteurs de l'entreprise dont, en particulier, la direction, les cadres intermédiaires, le syndicat des employés et les employés eux-mêmes. Le diagnostic "Audit créativité indiquera dans quelle mesure l'entreprise est prête à recevoir un tel système. Le degré d'implication de la direction de l'entreprise communiquera aux employés jusqu'à quel point elle croît en leur participation et en leur potentiel.
Enfin, il importe que la participation des employés, à tous les niveaux, puisse avoir lieu sur une base volontaire.
PUBLICATIONS
POUR CONSULTER LES PUBLICATIONS
DE
MICHEL BÉLANGER, AUTEUR
- Guides de
formation en créativité et innovation
- Outils de
diagnostic
-
Dossiers sur le management de l'innovation
MICHEL BÉLANGER compte
45
ans de carrière à titre de conseiller en développement
organisationnel et en management de l’innovation. Il a eu
l'occasion de réaliser plusieurs mandats de formation et de
consultation pour le compte de firmes de prestige dont KPMG et
COSE (Centre d'organisation scientifique de l'entreprise)
et, pendant plus de 30 ans, au sein de son propre cabinet.
Sur le plan académique, il détient une M. Adm. et une M. Sc. G.P.
Il a mené des études avancées sur le processus de créativité et
le management de l’innovation auprès du Creative Problem Solving
Institute, Buffalo, USA et du Synectic Innovation Center,
Cambridge, USA.
Les produits
Créativité Aha!
©
1994
synonyme d'inspiration et de découverte.
NOTRE DÉFINITION DE L'ÉTHIQUE
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lucille.dugas@creativitequebec.ca